Photo : DDPI / FIA WEC
Le sculpteur Paul Landowski jeta en premier le pont entre le Brésil et Le Mans.
En effet l’auteur de la sculpture du célèbre Corcovado de Rio de Janeiro est aussi le sculpteur du monument dédié à la mémoire de Wilbur Wright et qui s’élevait tout aussi majestueusement au pied de la cathédrale du Mans.
Il exerça son talent dans la Sarthe tout d’abord puisque l’œuvre consacrée au doyen de l’aviation date de 1922 alors que le célèbre Christ Rédempteur de Rio commencé en 1926 fut terminé en 1931.
Entre ses deux créations furent lancées un autre chef d’œuvre, du sport celui-là avec les premières 24 Heures du Mans en 1923.
Depuis, l’épreuve n’a cessé d’attirer les intrépides pilotes brésiliens dont, à la passion qui caractérise ce peuple pour le sport automobile s’ajoute un réel talent au volant.
La liste est édifiante et prestigieuse de ces hommes venus depuis le continent sud-américain, tenter l’aventure mancelle : si leur doyen est Hermano Da Silva Ramos (87 ans, 4 participations entre 1954 et 1959), le premier à avoir tenté l’aventure fut Bernard da Souza Dantas en 1935 (abandon sur Bugatti).
Mais il y eut aussi le génial et regretté José Carlos Pacé (2e en 1973) et dont le nom a été donné à l’Autodrome d’Interlagos où se produit le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA ; Mario Amaral, Alfredo Guarana et Paulo Gomes, ces trois hommes formant un équipage 100 % brésilien en 1978 sur une Porsche 935 (7e) ; Antonio de Azevedo Hermann ; Raul Boesel, officiel Jaguar trois éditions durant et 2e en 1991 ; Thomas Erdos (victorieux en LM P2 en 2006 sur MG-Lola), Augusto Farfus, Christian Fittipaldi, le regretté Christian « Bino » Heins décédé en course en 1963, prisonnier de son Alpine en flammes dans la ligne droite des Hunaudières, André Lara-Resendé, Jaime Melo (victorieux en LM GT2 en 2009 sur Ferrari), Roberto Moreno, Alexandre Negrao, le triple Champion du Monde de F1 Nelson Piquet puis son fils « Nelsinho » Piquet junior, Maurizio Sandro Sala, Ricardo Zonta et, en cette année 2013, Lucas di Grassi et Bruno Senna, brillant neveu d’Ayrton Senna, qui s’alignait pour la deuxième fois.
Quelle affiche !
Ajoutons à cela la venue du mystique prodige Ayrton Senna pour disputer le Championnat du monde de karting en 1978 sur la piste devenue… Alain Prost ! Et vous savourez le bouquet de champions que nous a délégué le Brésil depuis soixante ans, de magnifiques ambassadeurs pour les 24 Heures du Mans qui n’attendent qu’une chose qu’un enfant du pays se hissent enfin tout en haut du podium.